Bactéries et santé humaine, les recherches avancent

Depuis les le début des années 2000 seulement, les chercheurs ont commencé à étudier les territoires inexplorés de nos intestins. Jusqu’à cette période, l’être humain était considéré comme UN. Il convient dorénavant de se considérer d’avantage comme super-organisme.

Dans l’organisme humain, on peut compter plus de bactéries que de cellules humaines. Elles sont 100 000 milliards à la surface de notre peau, dans notre bouche ou encore dans les intestins où elles sont les plus nombreuses. Longtemps considérés comme dangereux, les microbes ont été traqués. Les antibiotiques ont été élaborés afin d’éliminer les agents pathogènes responsables de grandes épidémies telles que la peste, le choléra ou la tuberculose. Aujourd’hui encore, ces médicaments sont nécessaires dans bien dans cas, si tant est que l’on en fait bon usage. On sait maintenant qu’en traitant les bactéries pathogènes, on agit également sur les bactéries « amies » présentes dans l’organisme. En visant les microbes responsables de nos maladies, nous agissons également sur notre microbiote* interne qui travaille en étroite collaboration avec notre système immunitaire. De plus, la résistance aux antibiotiques s’accroit, rendant les traitements de plus en plus souvent inefficaces. Or, sans l’aide de ces médicaments, certaines infections peuvent se révéler fatales.

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Bactéries de la famille des bacteroïdes, une des plus représentées dans l’intestin humain (Source : Wikipedia)

Constitution du microbiote* :

Avant la naissance, le bébé est vierge de toute bactérie. La première acquisition se fait lors de l’accouchement quand les lèvres de l’enfant entrent en contact avec les bactéries maternelles vaginales et fécales. Ces bactéries « amies » participent au développement du système immunitaire de l’enfant. Dans le cas de naissance par césarienne, cette étape fait défaut et les bactéries colonisatrices sont alors celles présentes dans l’environnement extérieur (les chercheurs ont constaté dans ce cas un taux plus élevé d’allergies et de dysimmunité). Ensuite, la composition du microbiote* évolue avec l’apparition de nouvelles bactéries au moment de la diversification alimentaire et se stabilise vers l’âge de 3 ans.

Microbiote et obésité :

Des études sur les souris ont révélé l’importance d’un microbiote* sain dans la lutte contre l’obésité. En implant le microbiote* d’une souris de taille normale à une souris obèse, elle perd du poids. Cela peut s’expliquer par une composition différente de son écosystème bactérien : moins de « bonnes » bactéries. En effet, les bactéries communes aux personnes obèses auraient une influence sur la satiété, l’envie de manger des aliments gras et sucrés notamment. La restauration d’un équilibre bactérien sain à l’aide de probiotiques et l’installation progressive d’une alimentation saine à base de fruits et légumes contribuent à rétablir l’équilibre.

L’effet délétère de l’aseptisation sur les bactéries « amies » :

De récentes études ont montré que les enfants qui grandissent près d’un chien pouvant aller à l’extérieur sont moins souvent malades que les autres. En effet, ils sont confrontés régulièrement à de nouvelles bactéries, leur système immunitaire se renforce et leur microbiote* intestinal (celui en lien avec l’immunité) est très diversifié. Nettoyer, oui, mais aseptiser, finalement, pas trop !

* Microbiote : ensemble des bactéries qui vivent dans nos intestins

Plus d’informations :

http://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences/biologie/homme-microbiotique_9782738133373.php

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